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La Dame du Caire

vendredi 8 juillet 2011

Une histoire d’Egypte.

Moumen Smihi est un metteur en scène ambitieux. Il se trouve actuellement au Caire pour réaliser un film de long métrage. Après des études de cinéma à Paris, il est l’auteur de trois longs métrages, "El Chergui" (1976), "44 ou Les Récits de la nuit" (1982) et "Caftan d’amour" qui a été présenté au Festival du Caire en 1988. L’année dernière, il a réalisé un documentaire sur le cinéma égyptien. "J’ai essayé de faire une évaluation du cinéma égyptien", dit-il au sujet de son documentaire. Je voulais présenter un tableau de la situation actuelle, sans complaisance ni concession. Le cinéma égyptien n’est pas fait seulement de films basés sur la dan se du ventre. "Le film de fiction que je me prépare à tourner le mois prochain, j’en ai apporté l’histoire. J’ai écrit le scénario et les dialogues avec Bachir El Dik. Pour l’instant, les acteurs pressentis sont Izzat Al Alaïli, Leïla Iloui, Mamdouh Abdelalim, Hicham Salim et Gamil Ratib. C’est une production égyptienne, avec la participation de la société Imago Film International, du Maroc, et la société Alix Productions, de France. Le tournage aura lieu au Caire, à Alexandrie et à Louxor. Le film raconte l’itinéraire d’une femme égyptienne, depuis sa jeunesse en Haute-Egypte jusqu’à son succés d’artiste au Caire, sur une toile de fond historique qui commence dans les années soixante et se termine dans les années quatre vingt. Je me refuse de dire qu’il y a un cinéma égyptien d’un côté, et de l’autre un cinéma marocain. Je voudrais dire qu’il y a seulement un cinéma arabe, comme il y a, depuis toujours, la littérature arabe. Il serait très important de créer une banque de données qui regroupe toutes les idées de projets à partir du patrimoine culturel arabe. Par exemple, ce serait très intéressant d’adapter les grands récits classiques arabes, toujours inédits au cinéma, tels que "Les avares", d’Al Jahidh, "Kalila et Dimna" d’Al Moukaffa’, "Bayyad et Rayyad" le roman andalous, le "Livre des morts" pharaonique, "Guilguamesh", ou encore "Les Hilaliens", grandes épopées de l’Antiquité arabe. L’influence des satellites se fera sentir non seulement sur le cinéma arabe, mais aussi sur la culture et l’être arabes. Nous sommes en fait encore une fois menacés. Hier, nous étions menacés par le colonialisme territoriale. Aujourd’hui, nous sommes menacés de disparition culturelle. Les antennes paraboliques sont en train de déverser sur le monde la culture des sociétés productrices des images et des sons. C’est pour cette raison qu’il faut faire créer aujourd’hui un espace arabe d’images et de sons, il y va du destin même de la culture arabe. Ce que j’admire le plus dans le cinéma égyptien est l’existence de compétences formidables dans tous les domaines, et pas seulement dans le domaine du casting, des comédiens. Je regrette souvent que ces compétences ne soient pas tout à fait exploitées en direction des marchés internationaux. Mohamed Nasr Al Ahram 12 février 1990 Le Caire.

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