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Trois Anciens et un Moderne
Un film de fiction en trois actes
1 Hayy Ibn Yaqdhan
2 La vie d’Ibn Khaldoun / Le Livre des Exemples
3 La vie d’Ibn Battûta / Le Livre du Voyage
Ecrit et réalisé par
Moumen Smihi
Ce projet cinématographique ambitieux par son thème et sa durée de six heures, vise à mettre en lumière la spécificité de la contribution marocaine à l’histoire de la pensée arabe.
Contrairement à la pensée du Machreq, de l’Orient, dominée par le discours mystique et illuminatif — comme celui d’un Souhrawardi, par exemple —, l’apport intellectuel du Maghreb, l’Occident arabe, en particulier à son âge d’or situé dans l’axe Marrakech-Fès-Grenade-Cordoue, propose un discours fondateur d’une intuition scientifique basée sur des principes que nous associons aujourd’hui à la Modernité : objectivité, rationalité, déduction de lois générales sur la nature et la société, et leur validation par l’expérience.
C’est là le projet philosophique d’Ibn Tufayl lorsqu’il produit et développe sa précieuse théorie opposant le manqoul, la Transmission de la Révélation (le dogme, la doxa) au ma’qoul, la Rationalité (la raison), à travers son récit « Hayy Ibn Yaqdhan ».
Ce même projet intellectuel est poursuivi tout au long de sa vie, à l’est comme à l’ouest du Monde arabe, par Ibn Khaldoun, personnage central du deuxième film. Il cherche à établir un nouveau corpus scientifique qu’il nomme « l’art de l’histoire », fondé sur la recherche d’un savoir historique rationnel et vérifié, et non légendaire ou mythique, s’inscrivant dans une théorie générale résumée par le concept de « asabiyya » (Esprit de Corps), condition de l’émergence et de l’évolution des sociétés humaines vers ce qu’on appelle aujourd’hui civilisation.
Si ce discours a suscité dès ses origines une adhésion spontanée chez les penseurs arabes, et une approche un tant soi peu paternaliste de la part des Orientalistes allant jusqu’à le qualifier de fondateur de la science historique moderne, un penseur arabe moderne à la crédibilité incontestable, Taha Hussein, a interrogé cette assertion dans une thèse, en français, soutenue à la Sorbonne. Il y affirme qu’Ibn Khaldoun a inventé une philosophie sociale d’une intelligence, d’une importance et d’une profondeur indéniables, mais qui ne relève ni de l’histoire ni de la sociologie au sens moderne du terme, selon les critères scientifiques établis. Ce témoignage ne vise pas à minimiser l’apport d’Ibn Khaldoun, mais à souligner la maturité de la pensée scientifique arabe contemporaine, sans complaisance, sans paternalisme ni refoulement pour évaluer son patrimoine.
Quant au Voyage d’Ibn Battûta, il est injustement déformé par le discours doxal, stéréotypé, qui le rééuit à des clichés folkloriques, voire touristiques et sensationnalistes. On passe ainsi à côté d’une dimension capitale : dans le récit qu’en fait Ibn Juzayy, en transcrivant les témoignages, observations et aventures du voyageur Ibn Battûta, se révèle un discours scientifique nouveau, que l’on considère aujourd’hui comme l’une des sciences humaines et sociales modernes, à savoir l’ethnographie et l’anthropologie.
Ces trois récits cinématographiques, nouant le narratif au documentaire — un mélange de styles savoureux propre à tous les films du réalisateur —, sont racontés à l’écran par un Narrateur, qui est le réalisateur du film, qui tisse un lien entre les époques et les discours, pour proposer au spectateur une œuvre esthétique fondée sur la puissance des images, l’émotion musicale, et la force des idées de nos Anciens et de nos Modernes, des penseurs importants marginalisés ou ignorés à l’Est comme à l’Ouest, le tout mis en scène avec les techniques cinématographiques les plus avancées, y compris l’intelligence artificielle.
Une telle œuvre cinématographique rendant vie à la culture arabe classique initiatrice de la Modernité, de l’Atlantique au Golfe, ne mérite-t-elle pas, aujourd’hui, d’exister pour faire voir celle-ci au monde, à un moment où nous disposons de toutes les conditions matérielles et intellectuelles nécessaires à sa réalisation ?
Moumen Smihi
Automne 2025
« Parler cinéma » est un livre d'entretiens de l'auteur de films Moumen Smihi. Il place l'art cinématographique à l'intersection de la littérature et des sciences humaines : l'anthropologie de Claude Lévy- Strauss et la psychanalyse (Freud, Lacan).
Le livre vibre d'un appel au retour à Nietzsche et à Taha Hussein, qui tous deux, par leur oui à la vie, invitent à une réévaluation, une « transmutation de toutes les valeurs ».
« Imago » est une collection sur le cinéma. Déjà parus, en arabe, « Parler cinéma, tome 1 » (les entretiens) et « Parler cinéma, tome 2 » (les écrits) (voir les couvertures des livres) .
A paraître en français, du même auteur, « Ecrire sur le cinéma ».
Editions Slaïki Frères, Tanger.
Projets
de films en préparation:

Documentaires:
" Abdelkrim, un Zaïm " , Écrit avec la collaboration de la journaliste Zakia Daoud, et proposé à la télévision française, le projet raconte la vie et l'histoire du vainqueur de la Guerre du Rif (1925)
" Culture arabo-islamique ", une Collection portant sur la musique, la peinture, la littérature, l'architecture arabo-musulmanes pour la télévision (4x52 mn)
Making Of de "Le Gosse de Tanger"
Fictions:
Hayy Ibn Yaqdane (Vivant)
Le Gosse de Tanger
Projets en production:
Le Gosse de Tanger (Fiction) voir => Fiche Technique
Voir les photos
Making Of "Le Gosse de Tanger"(Documentaire)
Les cris de jeunes filles des hirondelles
Le réalisateur Moumen Smihi termine son nouveau film intitulé « Les cris de jeunes filles des hirondelles » pour lequel il avait obtenu l’Avance sur recettes du Fonds d’Aide du Centre Cinématographique Marocain en 2006.
Le tournage a duré six semaines dans la ville de Tanger, en 2007, réunissant une équipe de techniciens marocains comme le chef-opérateur image Abdelkrim Derkaoui et français comme le chef-opérateur son Dominique Lambert.
Produit par la société Imago Film International basée à Tanger depuis 1979, le film est interprété par deux nouveaux jeunes comédiens, Oussama Ouahani, 20 ans, et Najwa Azizi, 18 ans, ainsi que par les bien connus Khouloud, Saïd Amel, Bahija Hachami, Latefa Aherrar et Najat El Wafi.
Deux « stars » ont joué aussi dans ce film, l’écrivain marocain Driss Khouri, et Gustave de Staël, le fils du célèbre peintre Nicolas de Staël.
« Après Sigmund Freud, dit le réalisateur de son film, toute éducation sentimentale est une éducation sexuelle en fait. « Les cris de jeunes filles des hirondelles » raconte les événements et les étapes d’une éducation sexuelle (comme Flaubert parlait de « l’Education sentimentale ») dans un milieu religieux, musulman marocain, dans la ville cosmopolite de Tanger au moment de l’Indépendance du Maroc ».
Films en diffusion:
Avec Matisse à Tanger (D)
El Chergui (F)
Les Récits de la nuit (F)
Chroniques marocaines (F)
Distribué par
Festivals, Colloques, Séminaires, Publications... :
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